Avis 202400195 Séance du 15/02/2024

Monsieur X a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs, par courrier enregistré à son secrétariat le 9 janvier 2024, à la suite du refus opposé par le maire de Marseille à sa demande de communication d’une copie, dans un format numérique, ouvert et réutilisable, des documents suivants : 1) le dossier de demande d'autorisation de caméras de vidéosurveillance sur l'ensemble de la commune à l'origine de l'autorisation préfectorale du 20 septembre 2021, comprenant notamment : a) tous dossiers, rapports, études (dont les études d'impact requises par la loi informatique & libertés), procès-verbaux de réunions afférents à ce aux dispositif, les contrats et documents attenants aux marchés publics ; b) si cela a été le cas, les divers documents transmis à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ou établis par elle, notamment en ce qui concerne les garanties apportées à la protection des données personnelles et les informations relatives au fonctionnement technique du dispositif algorithmique employé, en vertu de l'article L312-1-3 du code des relations entre le public et l’administration, dans l’espace public urbain ; 2) le manuel d’utilisation du logiciel utilisé sur la voie publique ; 3) la convention conclue avec la préfecture de police sur le partage des flux vidéo provenant de ces caméras de vidéosurveillance telle que relatée dans la presse, ainsi que la copie de l’autorisation de procéder à un tel partage de données recueillies sur la voir publique ainsi que la finalité de ce traitement conformément aux dispositions de l’article L 251-2 du code de la sécurité intérieure. En l'absence de réponse du maire de Marseille à la date de sa séance, la commission précise qu’aux termes de l’article R252-16 du code de la sécurité intérieure, applicable aux dispositifs de vidéoprotection, « L’autorisation est publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, sauf dérogation motivée par un impératif de défense nationale. L’autorité préfectorale met à la disposition du public la liste des autorisations de systèmes de vidéoprotection publiées, qui précise pour chacun d’eux la date de son autorisation et le service ou la personne responsable. Elle communique également la liste des systèmes de vidéoprotection autorisés sur le territoire de chaque commune au maire, qui la met à la disposition du public à la mairie et, le cas échéant, dans les mairies d’arrondissement ». La commission estime que les modalités particulières de communication prévues par ces dispositions, qui ont valeur réglementaire, ne font pas obstacle à l’exercice du droit d’accès aux documents administratifs reconnu à toute personne par le livre III du code des relations entre le public et l’administration. Elle considère ainsi que la demande d’autorisation préalable à l’installation d’un système de vidéoprotection déposée à la préfecture en application des articles R252-1 et suivants du code de la sécurité intérieure est, lorsqu’elle a perdu son caractère préparatoire, communicable à toute personne qui en fait la demande, en vertu de l’article L311-1 du code des relations entre le public et l’administration, sous réserve de l’occultation préalable des mentions susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique au sens du d) du 2° de l’article L311-5 de ce code. La commission rappelle, à cet égard, sa position constante selon laquelle, en particulier, si les plans de situation des caméras et des zones qu’elles couvrent sont soumis à la commission départementale de vidéoprotection prévue par les articles L251-4 et R251-7 du code de sécurité intérieure, ils ne font pas partie des informations qui doivent être obligatoirement mises à la disposition du public, en vertu de l’article R252-10 du même code. Par suite, eu égard au but poursuivi par le législateur, la commission estime que la communication de ces plans serait de nature à porter atteinte à la sécurité publique que protègent les dispositions du d) du 2° de l’article L311-5 du code des relations entre le public et l’administration. Il en irait de même des autres détails techniques dont l’exploitation pourrait porter atteinte à la sûreté du système mis en place et, ainsi, à la sécurité publique. En l’espèce, elle émet un avis favorable à la communication des documents visés au a) du point 1) de la demande, sous réserve de l'achèvement de la procédure d'autorisation préfectorale, des occultations préalables en application des principes qui viennent d’être énoncés (notamment l'emplacement des caméras, les zones couvertes, les détails techniques dont la divulgation pourrait porter atteinte à la sûreté du système), ainsi que le cas échéant, des éventuelles mentions relevant d'un secret protégé par les dispositions de l'article L311-6 du code des relations entre le public et l’administration, notamment du secret des affaires. S'agissant du b) du point 1), la commission précise que dès lors que l'installation d'un système de vidéoprotection par une collectivité territoriale ne relève plus des formalités préalables prévues par le chapitre IV de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés depuis l'entrée en vigueur de la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018 relative à la protection des données personnelles, le seul document susceptible de répondre à ce point de demande est l'analyse d’impact relative à la protection des données. Ce document constitue un document administratif communicable sous réserve de l'occultation préalable des mentions relatives à la sécurité et au secret des affaires en application des dispositions des articles L311-5 et L311-6 du code des relations entre le public et l'administration. La Commission émet, dès lors, sur ce point, un avis favorable à la demande sous ces réserves. La commission souligne néanmoins que si l'installation du système de vidéoprotection en cause a relevé de ces formalités, il ressort des dispositions du chapitre IV de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 que les documents soumis à la CNIL par les responsables de traitements, dans le cadre des procédures d'autorisation, de même que les décisions prises par cette commission au terme de ces procédures, font l'objet d'un régime particulier de communication, défini à l'article 31 de cette loi, qui échappe au champ d'application du livre III du code des relations entre le public et l’administration et qu'elle n'est, dans cette mesure, pas compétente pour se prononcer sur la demande dans cette mesure. S'agissant des points 2) et 3) de la demande, la commission estime que les documents sollicités sont communicables à toute personne qui en fait la demande, en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration, sous réserve des mentions dont la divulgation porterait atteinte à la sécurité publique ou au secret des affaires, en application des articles L311-5 et L311-6 du même code. Elle émet donc, sous ces réserves, un avis favorable.