Avis 20134671 Séance du 05/12/2013

Communication, par courriel ou par envoi postal, des documents suivants relatifs au marché public portant sur la RD 921 - déviation d'Illiers Combray - tronçon RD 154 / RD 12, sans occultation du montant global des offres des candidats évincés : 1) le rapport d'analyse des offres ; 2) le procès-verbal d'ouverture des plis ; 3) le bordereau des prix du titulaire du marché.
Monsieur XXX XXX, XXX, a saisi la commission d'accès aux documents administratifs, par courrier enregistré à son secrétariat le 13 novembre 2013, à la suite du refus opposé par le président du conseil général d'Eure-et-Loir à sa demande de communication, par courriel ou par envoi postal, des documents suivants relatifs au marché public portant sur la RD 921 - déviation d'Illiers Combray - tronçon RD 154 / RD 12, sans occultation du montant global des offres des candidats évincés : 1) le rapport d'analyse des offres ; 2) le procès-verbal d'ouverture des plis ; 3) le bordereau des prix du titulaire du marché. La commission rappelle qu'une fois signés, les marchés publics et les documents qui s'y rapportent sont considérés comme des documents administratifs soumis au droit d'accès institué par la loi du 17 juillet 1978. En conséquence, la communication à un candidat écarté des motifs ayant conduit la commission d'appel d'offres à ne pas lui attribuer le marché ne permet pas de refuser la communication de ces documents. Ce droit de communication, dont bénéficient tant les entreprises non retenues que toute autre personne qui en fait la demande, doit toutefois s'exercer dans le respect du secret en matière industrielle et commerciale, protégé par les dispositions du II de l'article 6 de cette loi. Sont notamment visées par cette réserve les mentions relatives aux moyens techniques et humains, à la certification de système qualité, aux certifications tierces parties ainsi qu'aux certificats de qualification concernant la prestation demandée, ainsi que toute mention concernant le chiffre d'affaires, les coordonnées bancaires et les références autres que celles qui correspondent à des marchés publics. L'examen des offres des entreprises au regard du respect de ce secret conduit la commission à considérer que, sous réserve des particularités propres à chaque marché : - l'offre de prix détaillée de l'entreprise retenue est en principe communicable dans la mesure où elle fait partie intégrante du marché ou du contrat. - l'offre de prix globale des entreprises non retenues est, en principe, elle aussi communicable. En revanche, le détail technique et financier de leurs offres n'est pas communicable. De plus, doivent être occultées dans les documents préparatoires à la passation du marché (procès-verbaux, rapports d'analyse des offres) les mentions relatives aux détails techniques et financiers de ces offres. La commission précise que les notes et classements des entreprises non retenues ne sont communicables qu'à celles-ci, chacune en ce qui la concerne, en application du II de l'article 6 de la loi du 17 juillet 1978. En revanche, les notes, classements et éventuelles appréciations de l'entreprise lauréate du marché sont librement communicables. En réponse à la demande qui lui a été adressée, le président du conseil général d'Eure-et-Loir a indiqué à la commission que la communication des documents sollicités porterait atteinte aux conditions de mise en concurrence à l'occasion des procédures d'attribution de marchés publics que le département engage régulièrement pour la réalisation de travaux de création de giratoires et de voies de raccordement. La commission estime cependant que de tels travaux ne présentent pas un caractère d'homogénéité tel que tout marché portant sur ce type de travaux puisse être regardé comme présentant un objet analogue, indépendamment des autres caractéristiques du marché. La commission émet donc un avis favorable à la demande, dans les limites précisées plus haut.